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La méthode Sprott pour anticiper le cours de l’or



Société Générale
a récemment publié un rapport baptisé « la fin de l’ère de l’or », qui a reçu plus d’attention qu’il n’en méritait. La majorité du rapport se concentre sur un scénario d’effondrement du métal jaune, qui entraînerait l’or en dessous de l’objectif de Société Générale, à savoir 1375 $ l’once. Le rapport émet également de nombreuses critiques, souvent reprises par les adversaires de l’or : il serait dans une bulle. Eric Sprott pense que la banque française se trompe, et voici ses arguments.

Tout d’abord, les auteurs du rapport perçoivent l’or en tant que matière première, et non comme une monnaie. Cette erreur est souvent commise par les analystes de l’or. On ne peut traiter le métal jaune comme une matière première, car ce n’est pas ainsi qu’il est utilisé. L’or qui a été extrait des mines depuis la nuit des temps continue d’être en circulation, en grande partie. On continue d’en extraire, en petites quantités, ce qui explique pourquoi l’or fonctionne si bien en tant que monnaie. L’offre en or ne peut augmenter que petit à petit, tandis que les monnaies fiduciaires peuvent être fabriquées à l’envi. De plus, pourquoi les banques centrales (Russie, Chine, etc.) en ont acheté à tours de bras ces dernières années ? Pourquoi ne pas acheter du pétrole, ou du cuivre, si l’or n’est pas une monnaie ?

Secundo, il n’y a pas de bulle sur l’or, car son prix reflète exactement les montants inscrits au bilan des grandes banques centrales mondiales. Sur le tableau ci-contre, on voit que les courbes du cours de l’or et des montants inscrits au bilan des banques centrales évoluent presque de concert. À chaque fois que les banques centrales s’engagent dans des quantitative easings, elles injectent de la masse monétaire dans le circuit. Vu que l’offre en or est stable, son prix augmente face aux monnaies fiduciaires, qui sont, elles, produites en masse.

Cette corrélation entre le bilan des banques centrales et le cours de l’or est valable depuis 2000. En fait, si on analyse cette corrélation, on se rend compte que pour chaque augmentation du bilan des banques centrales de 1000 milliards, l’or s’apprécie d’environ 210 $ l’once.

Mais alors, comment expliquer le déclin de l’or depuis le début de l’année 2013 ? Exactement grâce au mécanisme que nous venons de décrire. Même si cela peut paraître surprenant, le bilan des banques centrales du monde a décliné d’environ 415 milliards de dollars durant le premier trimestre 2013. Cette diminution est principalement due à la banque centrale européenne, dont les sommes inscrites au bilan ont diminué de 370 milliards de dollars. Si nous reprenons notre unité de mesure, une diminution de 415 milliards des bilans devrait produire une diminution du cours de l’or d’environ 87 dollars. Et si on regarde la courbe du cours, l’or a diminué de 76 $ l’once au premier trimestre ! Il ne s’agit donc pas d’une bulle, le cours de l’or est parfaitement en phase avec les fondamentaux économiques.

Pour Sprott, le seul scénario qui pourrait mener à un crash de l’or s’explique par la logique décrite ci-dessus. Si tous les gouvernements se mettent à devenir raisonnables, si toutes les banques centrales mettaient fin à leur QE et se mettaient à réduire la taille de leur bilan, alors oui, l’or pourrait s’effondrer. Ce scénario semble néanmoins très peu probable, voire irréaliste. La récente décision de la Bank of Japan ne fait que supporter la théorie de Sprott.

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