D’après les estimations, le doublement annoncé du Livret A pourrait priver l’Assurance vie de près de quarante milliards d’euros. Même rapprochée des mille quatre cents milliards brassés par le produit financier préféré des Français, la somme est loin d’être négligeable. Etat des lieux.
Le plafond du Livret A sera porté, vraisemblablement dès l’automne 2012, à 30 600 euros. Le principal objectif poursuivi par cette mesure (annoncée par François Hollande lors de la campagne présidentielle) est d’augmenter les sources de financement des HLM et les aides aux petites et moyennes entreprises.
Les banques, premières victimes ?
Les analystes pensent que les banques vont être touchées de plein fouet par cette mesure qui va les priver de dépôts indispensables pour honorer les engagements des accords Bâle III.
Pour les cabinets, au contraire, cette nouvelle peut s’avérer extrêmement profitable : ils vont ainsi conseiller à leurs clients les plus aisés de profiter à fond de l’opportunité, privant ainsi les banques d’apports traditionnels. Pour faire face à cette raréfaction de liquidités, les banques vont devoir imaginer des dispositifs alternatifs, au premier rang desquels la Bourse, qui pourrait connaître un renouveau.
Moins d’argent… et moins de commissions !
Les banques ne sont pas au bout de leur peine. Non seulement elles devraient supporter le doublement du Livret A et la raréfaction des produits de l’assurance vie mais, en sus, elles vont se voir priver d’une partie des commissions qu’elles encaissent en remerciement de leur effort de collecte au bénéfice de la CDC (Caisse des Dépôts). D’après les premières indications fournies par le gouvernement, cette commission passerait de 0,5 à 0,3%. Petites décimales mais grandes conséquences : les projections indiquent une chute du résultat des établissements bancaires de près de 400 millions d’euros.
Au total, toutes conséquences financières mises bout à bout, le manque à gagner des banques devrait se chiffrer en milliard. Sans s, mais quand même : 1,3 milliard d’euros, au bas mot. Et c’est là que le bât blesse…
Flux des articles publiés