A peine installé, le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault est déjà sous pression syndicale. Plans sociaux, SMIC, retraites sont les 3 sujets phares que les syndicats ont mis au menu de la journée de concertation voulue par le Premier ministre, entouré de Michel Sapin (Travail), Marisol Touraine (Affaires sociales), Marylise Lebranchu (Fonction publique) et Arnaud Montebourg (Redressement productif). Pour le Medef, Laurence Parisot, a, de son côté, souhaité mettre en garde contre toute augmentation inconsidérée du coût du travail qui résulterait d’un coup de pouce trop prononcé pour le SMIC.
La grande conférence sociale de juillet était déjà dans toutes les têtes lors de ce premier rendez-vous gouvernement/syndicats de l’après-présidentielle. Etaient reçus, tour à tour et pour une heure, la CFDT, la CGT, FO, ainsi que la CGPME, l’Union des professions artisanales (UPA) et le Medef. Même si tout le monde savait que rien n’y serait décidé, les principaux leaders syndicaux ont d’ores et déjà fait valoir leurs positions : hausse conséquente du SMIC, retraite pleine et entière à 60 ans pour les salariés qui ont commencé à travailler à 18 ans.
Coup de pouce ou saut ? Quid pour le SMIC ?
Les syndicats attendent un geste significatif pour rattraper la stagnation du pouvoir d’achat du salaire minimum depuis 5 ans. Si le gouvernement est attentif à cette demande, il a fait savoir qu’une augmentation trop importante serait de nature à handicaper les TPE et PME touchées de plein fouet par la crise. Il y aura donc bien un coup de pouce (annoncé par François Hollande pendant la campagne et confirmé lors de sa première interview télévisée sur France 2) mais il sera de toute évidence en-deçà des attentes syndicales. Du côté du patronat, on a bien évidemment alerté sur les conséquences d’une hausse brutale du Smic : baisse de la compétitivité, fragilisation de certaines entreprises, rentabilité en berne…
Les plans sociaux cachés refont surface
D’après la CGT, plus de 45.000 postes seraient menacés par les plans sociaux de cinquante entreprises priées (par qui… ?) d’attendre la fin de la Présidentielle pour dévoiler leurs intentions. CGT et CFDT ont prié le gouvernement de mettre tout en œuvre pour atténuer au maximum les effets de tels agissements (chômage partiel…).
Les licenciements boursiers bientôt illégaux
Le Premier a confirmé que le nouveau parlement élu en juin voterait très rapidement (pendant l’été) une loi interdisant aux sociétés faisant des bénéfices de procéder à des licenciements destinés à améliorer les marges et les dividendes offerts aux actionnaires.
Retraite à 60 ans : le retour (sous conditions)
Cette journée aura au moins apporté une bonne nouvelle : le coût du financement de la retraite à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler dès 18 ans serait inférieur de 3 milliards aux prévisions de campagne (soit 2 milliards par an au lieu des 5 annoncés). Cette « manne » inespérée permettra au gouvernement d’accéder à la demande des syndicats de « valider » les trimestres simplement cotisés, notamment ceux concernés par les éventuelles périodes de chômage, d’arrêt maladie… En tout état de cause, Jean-Marc Ayrault a annoncé qu’il ne pourra se permettre de dépasser l’enveloppe initiale des 5 milliards par an.
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