Alors que le sort de la Grèce est suspendu aux résultats de ses nouvelles élections, deux autres pays de la zone euro (l’Espagne et l’Italie) semblent courir de grands risques.
Pour la Grèce, le scénario de sortie de l’Euro, impensable il y a encore quelques semaines, est aujourd’hui étroitement lié à l’éventuelle majorité qui sortira des urnes le 17 juin prochain. L’Espagne doit, elle, faire face à la grande fragilité de ses banques, minées par des investissements immobiliers souvent aussi douteux que faramineux. Troisième maillon faible, l’Italie qui, près de 2.000 milliards d’euros, prend une troisième place non enviable de plus grosse dette au monde, derrière les USA et le Japon.
Cette situation financière critique se double d’une crise de confiance : en Grèce, les épargnants se sont précipités par milliers dans les banques pour retirer leurs économies, imités quelques jours plus tard par les Espagnols.
L’Europe, seule au monde
La zone euro est, parmi toutes les régions de la planète, la seule à connaître la récession. Et les retraits massifs en numéraire sont un des nombreux symptômes concrets de cette situation hélas chronique depuis plusieurs années. Les pays semblent bien impuissants à conjurer ces mouvements de panique. Seule la Banque Centrale Européenne a dorénavant les moyens de faire face à ces récessions de plus en plus massives : moins 5,3% cette année, moins 7% en 2011 pour la seule Grèce ! Sans parle de la montée des sans-emplois : près de 11% en moyenne pour tout l’Euroland !
Austérité : solution ou problème ?
Selon certains observateurs, l’austérité, loin d’améliorer la situation (les Grecs, ici encore, sont bien placés pour le savoir) l’aggraverait bien plus encore. Comment, en effet, redresser une économie quand les salaires sont diminués, la TVA augmentée et la consommation en berne ? Le tout dans un environnement social plus que troublé, agrémenté de grèves, de manifestations…
La puissance publique à la rescousse
A l’heure où la crise touche les banques de plein fouet, les analystes financiers cachent de moins en moins leurs doutes quant à la possibilité des établissements de faire face seuls à leurs formidables besoins d’argent frais. La Grèce mise à part, c’est encore et toujours l’Espagne qui est au cœur des interrogations avec une estimation de près de 300 milliards créances douteuses à passer par pertes et profits ! Mais alors que l’Europe lui tend une main secourable, le Premier ministre espagnol Rajoy refuse de la saisir : il estime que son pays saura faire face seul. Et pourra ainsi conserver le contrôle plein et entier de son secteur bancaire.
L’Espagne et l’Italie après la Grèce ? :
Flux des articles publiés