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Comment vendre des titres ?


Dans ce domaine, il faut distinguer les ventes au comptant et les ventes dans le cadre du marché à règlement mensuel.

Ventes au comptant

L’opération au comptant est la plus simple des opérations de bourse. Dans le cas d’une vente, elle consiste à céder un titre qui est livré immédiatement contre espèces.

Sur le marché français, seules les grandes valeurs françaises et étrangères ne sont pas cotées au comptant, comme on le verra plus loin (marché à règlement mensuel). Tous les autres titres peuvent faire l’objet de vente (et d’achat) au comptant, et sans qu’il soit fixé de quotité minimale sur le nombre de titres qui doit faire l’objet de la transaction. Sont donc concernées par les ventes au comptant :

  • les valeurs cotées sur le marché au comptant proprement dit
  • les valeurs cotées sur le Second Marché
  • les valeurs cotées sur le marché Hors Cote

Ventes au règlement mensuel

Environ deux cents valeurs françaises et soixante valeurs étrangères sont cotées au marché à règlement mensuel. Sur ce marché, les opérations se font à terme.

Dans une opération à terme, on vend (et on achète) les actions au cours du jour de la transaction, mais ces titres ne seront livrés et payés que vers la fin du mois pendant lequel s’est déroulée l’opération. On appelle ces règlements, la « liquidation ».

Par ailleurs, les opérations à terme doivent être effectuées selon une quotité minima, cinq ou dix, ou vingt-cinq, ou cinquante, voire cent ou deux cents actions, selon le montant du cours, les titres les plus « lourds » en valeur ayant les quotités les plus basses et vice-versa.

Bien entendu, si sur un titre, on ne détient pas la quotité minima, on pourra néanmoins céder les actions possédées. Toutefois, les frais de courtage perçus seront plus élevés.


Utilisation à titre de comptant différé

Dans le procédé dit de « comptant différé », on vend et on achète des titres sur le marché à règlement mensuel, dans le même esprit que sur le marché au comptant, c’est-à-dire pour vendre ou acquérir les titres de façon ferme.

Cette forme d’utilisation du marché à règlement mensuel ne présente donc aucun risque.

Utilisation à titre de spéculation

Une autre utilisation du marché à règlement mensuel sera plus spéculative. On achètera par exemple, des titres dans l’espoir qu’ils monteront avant la liquidation et qu’il sera possible de les revendre lors de cette liquidation, sans avoir finalement déboursé d’argent. Ou encore, on vend des titres que l’on ne détient pas en portefeuille, en escomptant que ces titres vont baisser dans les prochains jours et qu’il sera possible de les acheter à un cours inférieur à celui de la vente. Là encore, comme les règlements en espèces se font à la liquidation seulement, on enregistrera un bénéfice, sans avoir rien décaissé.

Soit un spéculateur qui achète 50 Esso à 120 FF, sans disposer des fonds correspondants, le 2 juillet. Si le titre monte à 135 FF avant la liquidation (qui se situe vers le 25 juillet), le spéculateur les vend à ce moment.

Son compte de liquidation donnera les montants suivants :

à son débit 50 x 120 = -) 6 000 FF (achat)
à son crédit 50 x 135 = + 6 750 FF (vente)
Ecart en sa faveur + 750 FF (sous déduction des frais
d’achat et de vente)

Une telle opération est à la portée du détenteur de petit portefeuille puisque réalisable avec des montants qui peuvent n’atteindre que 5 000 à 10 000 F en volume d’opérations et pratiquement rien en mise de fonds (mise à part un certain pourcentage de « couverture » demandé par l’intermédiaire financier, banque ou agent de change).

Mais séduisante en apparence, cette procédure est en fait dangereuse car il est bien difficile de prévoir l’évolution des cours sur une aussi courte période que celle du mois. Il semble donc que seuls les professionnels, qui suivent les cours au jour le jour, peuvent se livrer sans risques excessifs à ce type de spéculation.

Reports

En reprenant l’opération précédente, on peut imaginer que les cours n’ont pas monté comme le spéculateur l’avait escompté, mais ont au contraire baissé (à 115 FF par exemple). Dans ce cas, deux solutions s’offrent à cet opérateur.

  • Il peut vendre les titres à 115 FF. Son compte de liquidation donnera le montant suivant :
à son débit 50 x 120 = -) 6 000 FF (achat)
à son crédit 50 x 115 = + 5 550 FF (vente)
Ecart à régler -) 450 FF (plus les frais)
  • Il peut se faire « reporter » escomptant que la hausse se produira ultérieurement.

Dans ce cas, il vend les titres à un tiers pour un mois et les rachète sur la liquidation suivante, sans différence de cours, en payant un léger montant à ce tiers pour prix du loyer de l’argent.

Les personnes qui disposent de liquidités momentanées chez un agent de change, peuvent les utiliser ainsi à titre de reports. Pour ce faire, il faut en principe disposer d’une somme au moins égale à 10 000 FF. Vue sous cet angle, l’opération est sans risque.

Ventes à primes

Le marché à règlement mensuel permet de procéder à des opérations « conditionnelles ». Ces opérations sont assez complexes pour un investisseur débutant. On décrira seulement la vente à primes qui présente un intérêt certain pour un tel investisseur. On remarquera à nouveau que 5 000 à 10 000 FF sont suffisants pour mettre une telle technique en œuvre, à condition qu’ils soient placés dans la même valeur et que l’on détienne un nombre de titres minimum, correspondant à la quotité requise sur le marché à règlement mensuel.

Principe

Un investisseur détient vingt-cinq actions Total. Dans le cadre des opérations conditionnelles attachées au marché à règlement mensuel, cet investisseur peut offrir à un autre capitaliste, la possibilité que ce dernier lui achète ultérieurement ces titres à un cours supérieur à celui coté le jour où la transaction est conclue. L’acheteur pourra renoncer à cette opération si, à l’échéance convenue, elle ne lui paraît plus intéressante. Cet abandon entraînera pour lui, le paiement d’un dédit ou « prime » qui sera versé au premier investisseur.

En chiffrant, à titre d’exemple, l’opération, on obtient les résultats suivants :
Le jour de l’opération (2 août), Total cote 220 FF. L’investisseur la vend à un cours futur de 245 FF, avec une prime de 5 FF sur la liquidation d’octobre (une opération à prime peut être conclue sur l’une des trois liquidations qui suivent la date de cette opération).

Si à la liquidation d’octobre, Total cote 255 FF, l’acheteur potentiel a intérêt à prendre le titre qu’il a acquis conditionnellement à 245 FF. En le revendant immédiatement, il encaisse 10 FF bruts par titre. Dans ce cas, on dit qu’il « lève la prime ». Si par contre, Total ne cote que 224 FF, l’acheteur (notamment celui qui n’a pas les fonds correspondant à l’opération et qui joue à découvert) peut avoir intérêt à renoncer à l’achat qui lui ferait perdre 21 FF par titre, en cas de revente immédiate (245 FF – 224 FF = 21 FF). Dans ce cas, il paie au vendeur potentiel la prime de 5 FF par action, ce qui est évidemment moins coûteux que de verser 21 FF. Dans cette hypothèse, on dit qu’il « abandonne la prime ».

Il est à constater que dans cette opération, l’investisseur initial est gagnant dans les deux cas de figures. Si la prime est abandonnée, il encaisse celle-ci et garde ses titres. Si la prime est levée, il vend ses valeurs à un cours supérieur à celui qu’il aurait obtenu par vente ferme, le 2 août.

Le seul risque encouru est un manque à gagner sur cession, au cas où la hausse du titre serait très importante à l’époque de la liquidation d’octobre. Si le cours de Total est à ce moment égal à 280 FF, l’investisseur initial sera fort déçu de vendre ses titres à 245 FF. Son manque à gagner sera de 280 – 245 = 35 FF par action.

Modalités

La cotation des primes existe en principe, pour toutes les valeurs, françaises et étrangères, citées au règlement mensuel.

Toutefois le marché à primes est en fait assez irrégulier en volume. Alors que des primes sont cotées tous les jours sur quelques très grandes valeurs françaises et étrangères, les transactions sont beaucoup plus irrégulières, voire sporadiques sur les autres titres du marché à règlement mensuel.

Pour chaque action du règlement mensuel, en plus du cours du jour, il existe neuf cours conditionnels possibles. En effet :

  • Les primes et les cours correspondants peuvent être cotés sur chacune des trois liquidations à venir (par exemple, août, septembre et octobre). Plus l’échéance est éloignée, plus le cours conditionnel est élevé.
  • Les primes sont de montant variable en fonction du niveau de cours de la valeur. Les titres les plus lourds sont assujettis aux primes les plus élevées et vice-versa. Sur chaque titre existent trois taux de primes différents. Aux primes les plus légères correspondent les cours conditionnels les plus élevés par rapport au cours ferme.

Tableau des montants de primes (FF)

400 200 100
120 80 40
80 40 20
40 20 10
20 10 5
10 5 2,50
5 2,50 1
2,50 1 0,50
1 0,50 0,25
0,50 0,25 0,15

Chaque ligne horizontale représente un régime de primes. Chaque valeur inscrite au règlement mensuel est assujettie à l’un de ces régimes.
Pour avoir une idée de la cotation à primes on donnera l’exemple des cours apparaissant le 2 août au titre de Total (cas précédent) :

Cours du jour

en liquidation août 220 dont 20 dont 10 dont 5
août 228 234
septembre 236
octobre 235 239 245

On exprime le rapport existant entre le cours du jour et le cours du marché à primes par un pourcentage établi dans les termes suivants :

Ecart de cours / Cours du jour

Par exemple, pour le cours du marché à primes, sur échéance d’octobre avec une prime de 5 FF, (245 – 220)/220 = 11,4 %
Lorsque le cours du marché à primes est beaucoup plus élevé que le cours du jour d’une valeur, on dit que les primes sont tendues.
C’est bien entendu dans de telles circonstances, que le vendeur de primes doit essayer d’agir.

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