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Faut-il vendre les titres avant le détachement du dividende ?

1 décembre 2011 No Comment

Les dividendes sont soumis à l’impôt sur le revenu et pour les personnes soumises à un très haut niveau d’imposition, la charge est lourde. Dans le cas d’actions à très haut rendement (10 à 12% par exemple), il peut ne subsister que le tiers du revenu global perçu (dividende net + avoir fiscal).

La question peut donc se poser de savoir, si en pareil cas, il ne serait pas souhaitable de vendre les titres concernés, juste avant le détachement du coupon, pour les racheter ensuite. Sur un plan de pure logique mécanique, il est évident que le cours d’une valeur doit baisser du montant du coupon détaché, le jour du détachement de ce coupon.

En pratique, il en est bien ainsi. Mais la baisse de cours ainsi constatée est parfois très rapidement compensée (il peut arriver que ce soit le jour même ou quelques jours après). On dit que le titre a « regagné son coupon ».

Dans le cas d’une société en croissance, ce phénomène s’explique assez facilement. Soit une firme dont le cours de l’action, avant détachement du coupon, s’établit à 200 FF. Supposons que cette firme ait distribué l’année précédente un dividende de 15 FF (10 FF de dividende net + 5 FF d’avoir fiscal). Tous les journaux financiers qui donnent des informations sur le rendement des titres indiqueront pour cette valeur, un pourcentage de 7,5 % avant le détachement du dividende de l’année en cours.

Si ce nouveau dividende est en progrès, fixé par exemple à 18 FF (12 FF de dividende net + 6 FF d’avoir fiscal), le titre devrait baisser après détachement de 18 FF et valoir 182 FF (200 – 18 = 182 FF). Mais à ce cours, les mêmes journaux financiers feront figurer un rendement de 9,9 % ! Ce rendement, très supérieur au précédent, tirera immédiate ment les cours vers le haut. Revenue à 200 FF, l’action offrirait encore une rentabilité de 9 %, supérieure de 20 % à sa rentabilité apparente avant détachement du coupon.

Le seul cas où il est sans doute judicieux de vendre avant distribution du dividende, est celui où ce dividende est en baisse par rapport au dividende précédent et quand il n’existe guère d’amélioration à court terme. Dans cette hypothèse, la valeur ne regagnera sans doute pas son coupon et baissera même probablement bien au-delà du montant de celui-ci.

Bien entendu, ces raisonnements sont valables pour les sociétés qui distribuent leur dividende en un seul coupon chaque année. Lorsque le coupon est distribué deux fois par an (cas des valeurs britanniques et de certaines valeurs françaises) ou trimestriellement (valeurs américaines et canadiennes), les montants atteints par chaque coupon ne sont plus assez significatifs pour justifier une éventuelle cession avant détachement de chaque fraction de dividende.

Il convient par ailleurs de rappeler l’existence des frais de négociation (de l’ordre de 1 % pour chaque opération d’achat ou de vente).
En ce qui concerne les obligations, le moyen le plus simple « d’optimiser » le détachement du coupon, sur le plan fiscal, est sans doute de ne pas procéder à des opérations de vente et de rachat soi-même mais d’utiliser des SICAV d’obligations qui pratiquent en grand cette technique.

Il existe d’ailleurs des SICAV d’obligations dites « de trésorerie » qui s’attachent à distribuer le plus petit coupon possible, en vendant leurs propres obligations avant le détachement des coupons attachés à celles-ci. Le gain de l’actionnaire est constitué par l’augmentation de la valeur de la part.

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