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Comment placer son argent si le spectre de la déflation se confirme ?


Zemanta Related Posts ThumbnailAlors que l’inflation continue dangereusement de ralentir dans l’Union européenne, la déflation étant un environnement mortel pour la dette, comment préparer son positionnement au cas où la déflation devait faire son apparition ?

Déflation : les investissements les plus rentables

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les banques centrales ont dû relever comme principal défi de juguler l’inflation. Les investisseurs devaient donc trouver les meilleurs placements dans un environnement inflationniste. Désormais, alors que la déflation menace, il va peut-être falloir apprendre à utiliser des stratégies adaptées à la déflation. Ce scénario, même s’il n’est encore qu’au stade de l’hypothèse, n’en reste pas moins une possibilité, alors que l’inflation moyenne ne cesse de baisser dans la zone euro, et que certains pays sont déjà de facto en déflation (Chypre, la Grèce ou encore le Portugal).

Compte d’épargne

Pour les personnes qui disposent de capitaux, la déflation représente évidemment une affaire en or : plus le temps passe, plus son pouvoir d’achat augmente. Laisser son argent sur un compte d’épargne, même avec un taux d’intérêt limité, est très rentable. La possibilité de s’orienter vers des obligations à plus ou moins long terme représente une autre alternative valable, même s’il faut encore patienter pour voir si le scénario de la déflation se précise ou s’il s’agit simplement d’une fausse alerte.

Obligations

Les obligations d’État pourraient également faire partie des stratégies d’investissement intéressantes en cas de déflation, même s’il conviendra de mesurer l’importance de celle-ci. Il ne faut pas oublier qu’en cas de déflation, la dette pèse plus lourd, que ce soit pour les particuliers, les entreprises ou les Etats. Or, vu le taux d’endettement actuel de nombreux pays et leur incapacité à réduire la dette dans un environnement inflationniste, on est en droit de se poser des questions sur ce qu’il adviendra en cas de déflation, mineure ou sévère. Dans ce cas, les obligations corporate de sociétés aux reins solides pourraient s’avérer un choix plus judicieux.

Des actions ? Peut-être, mais pas n’importe lesquelles…

Un environnement déflationniste n’est évidemment pas favorable pour les entreprises, vu qu’un tel contexte engendre une croissance modérée ou négative et une baisse des prix, 2 paramètres qui ne jouent pas en faveur du cours des actions. C’est pourquoi il faudra être très sélectif dans le choix de ses actions, que ce soit sur une base géographique (les États-Unis sont moins sujets à la déflation), ou encore sur des secteurs qui ont de meilleures perspectives par rapport à d’autres. Les sociétés en position de monopole virtuel représenteront également les meilleures alternatives.

L’exemple du Japon

Au Japon, la déflation, on connaît : cela fait depuis 1989 que la BOJ se bat contre le monstre déflationniste. Comment les Japonais se sont-ils comportés face à la déflation ? Principalement en conservant leur épargne sur des comptes en banque, ou dans des placements à court terme. Entre 1989 et 2001, la bourse japonaise a chuté de plus de 70 %. D’un naturel prudent, les Japonais allouaient déjà à l’époque très peu de leurs actifs en actions locales. Par contre, ceux qui ont investi dans l’immobilier se sont fait rincer : entre 1991 et 2013, les prix moyens ont été divisés par 2.

Déflation : les placements à éviter

L’immobilier

L’exemple du Japon l’illustre : l’immobilier n’est guère un secteur attractif durant un épisode de déflation. C’est d’autant plus vrai si cet achat est fait à crédit : au fur et à mesure que les loyers chutent, le propriétaire devient dans l’incapacité de rembourser le crédit hypothécaire. Un achat sur fonds propres qui sera conservé à long terme est moins grave, dans la mesure où même si la valeur du bien diminue, le rendement qu’il procure, même s’il est à la baisse, offre en échange un pouvoir d’achat plus important.

La bourse

La courbe du Nikkei de la fin des années 2000 le prouve : les actions souffrent de la déflation. C’est d’autant plus vrai pour les entreprises dont la santé dépend en grande partie de la conjoncture économique, comme les entreprises qui évoluent sur des secteurs très concurrentiels comme les télécommunications, le transport aérien, etc. La charge de la dette devenant plus importante en déflation, les entreprises lourdement endettées seront à éviter comme la peste.

Matières premières

En cas de déflation, les matières premières sont les premières à souffrir, vu que la demande est en berne. Seule exception : les matières premières « spéciales » qui réagissent également à d’autres facteurs, comme la géopolitique, que sont le pétrole, l’or ou encore l’argent.

Et l’or dans tout ça ?

On dit souvent que l’or se comporte bien en période d’inflation, ce qui pourrait nous pousser à tenir le raisonnement inverse : la déflation serait négative pour l’or. Il s’agit cependant d’un raisonnement simpliste, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nous manquons de perspective historique. Après la crise de 29, le cours de l’or fut fixé pour n’être libéralisé qu’en 1971.

Secondement, la déflation signifie environnement économique incertain, des tensions sur les marchés : des conditions qui sont extrêmement favorables au métal jaune. Une légère déflation n’est certainement pas positive pour l’or, mais si les choses devaient se gâter, son rôle de valeur refuge lui permettra de très bien se comporter dans un épisode déflationniste.

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